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LES FACTEURS FAVORISANT LE TRAVAIL A DISTANCE
En novembre 1985, à l'occasion du colloque national "Prospective
2005", a été présenté le rapport de conclusion d'Yves Lasfargue et Eric
Verdier du CEREQ sur la "transformation des modes de production".
Parlant de mobilité, les rapporteurs soulignaient : "Il faudra substituer
à la précarité imposée la mobilité négociée." L'analyse préjugeait que
l'entreprise tient les clés de cette mobilité : c'est aller un peu vite en be-
sogne. Aujourd'hui, les acteurs sociaux embourgeoisés, la Cité, les
employés eux-mêmes sont responsables des rigidités imposées à
l'organisation du travail. Celle-ci a sa logique propre, impérieuse dès
lors qu'il s'agit de produire à moindre coût, sans délais, sans défaut, de
façon géniale qui plus est. Les "patrons" y sont assujetis comme les
autres acteurs concernés. Les travaux de la sociologue Jocelyne Loos,
cités dans l'ouvrage de François de Closets
(4).
Tous Ensemble ,
démontrent les résistances des acteurs sociaux à la flexibilité :
"Incontestablement les employeurs sont plus à l'aise que les syndicats
pour aborder ces questions [...] les stratégies patronales visent à inté-
grer dans la définition de leurs politiques sociales des variables rela-
tives aux modes de vie de leur personnel." Elle note "la capacité patro-
nale à prendre en compte et à gérer les attentes sociales plurielles."
En fait, le problème est de savoir si les acteurs de l'entreprise, informés,
accepteront certains changements, certaines expériences au lieu de s'y
opposer. La surveillance trop stricte des applications du droit -
toujours en retard sur les réalités - menace parfois la flexibilité des
emplois. L'idée selon laquelle "le dernier embauché est le premier li-
cencié" est contraire à l'efficience, tout comme l'idée selon laquelle
cette flexibilité doit être uniquement interne. Les blocages qui ex-
cluent l'accès à de nouveaux venus obligent l'entreprise par contre-
coup à des attitudes de précaution vis-à-vis de l'embauche. Consé-
quence perverse, l'entreprise a recours de manière accrue à des em-
plois "périphériques", qui deviennent plus intéressants pour elle, car
ils se traduisent par des gains de productivité : l'économie de la forma-
tion, de certaines indemnités et taxes...
Ce constat est d'autant plus préoccupant que l'"importance des charges
prélevées sur le coût du travail influe elle aussi sur le choix des modes
d'emplois des ressources humaines disponibles sur le marché" , expli-
que en substance une étude très complète de l'OCDE sur la flexibilité
de l'emploi
(5)
. Comme on constate que la proportion des prélèvements
est plus importante pour un travailleur non qualifié, les employeurs,
qui doivent anticiper les modifications de l'environnement et les varia-
tions de la production, sont incités à réagir aux fluctuations conjonctu-
relles en conservant les travailleurs qualifiés et en licenciant des tra-
vailleurs non qualifiés. Cette flexibilité externe peut atteindre des pro-
portions importantes : 1000 intérimaires sur 6000 salariés à Renault-