Sommaire - Informations sur le télétravail - Réseau de télétravailleurs




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UN INSTRUMENT DE L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ?
bureaux. L'habitat s'installe à la périphérie des zones d'activité
urbaines. D'où la nécessité de financer et de subventionner d'énormes
infrastructures nécessaires aux transports locaux. Aussi, la Cité s'inté-
resse-t-elle au télétravail pour réduire ses coûts car ses "pendulaires"
lui coûtent cher. Intérêt prudent compte tenu des résistances déjà évo-
quées, de la mise de fonds que cela pourrait représenter et de son im-
pact somme toute marginal sur les économies d'énergie en matière de
transport.
Le télétravail est aujourd'hui un argument écologiste pour la diminu-
tion de la pollution de l'air par les voitures. Au plus fort de la crise pé-
trolière le télétravail sera surtout un argument militant en faveur des
économies d'énergie. On suppose que le télétravail en réduisant les
déplacements pour aller et revenir du travail représente un gisement
considérable d'économie potentielle en se substituant aux déplace-
ments des automobiles. On savait cette thèse inexacte dès 1977, suite à
une étude sur "la contribution des télécommunications à la conserva-
tion des ressources énergétiques" que le département américain du
commerce avait commanditée à l'University College à Londres
(52)
.
Cette étude montrait que les trajets "divers" étaient déjà bien supé-
rieurs à ceux réservés au travail : 58% pour raisons diverses à Lathey
aux Etats-Unis contre 42% dus au travail. Respectivement 52% à
Londres et 48% pour le travail sur les jours ouvrés uniquement. Car si
l'on prenait une semaine complète, week-end inclu, ce rapport passait à
64% et 36%. En 1983, une enquête de la Direction Régionale des
Transports en Ile de France sur les évolutions de la mobilité par motif
entre 1965 et 1979 montrait que les migrations alternantes (les pendu-
laires) pour aller au travail passait en nombre relatif de 55,1% en 1965
à 35,8% en 1979 au profit des déplacements personnels qui passent de
39% à 50,3% durant la même période
(53).
Difficile dans ces conditions d'escompter grand chose d'une formule
d'organisation du travail aux effets marginaux sur les économies
d'énergie et, qui plus est, malaisée à mettre en oeuvre. Le solde global
des déplacements continue de croître soutenu par l'augmentation
importante des trafics de marchandises. Plutôt que de chercher à
économiser le carburant - ce qui n'est pas démontré - mieux vaudrait
économiser le temps perdu dans les embouteillages et dans les trans-
ports. Ce temps perdu est évalué pour la seule région parisienne à 5
milliards de francs ; les longues cohortes de déplacements collectifs
représentent entre 60 et 90 mn de transport en moyenne par jour et par
individu : soit de un à deux mois d'équivalent travail par an et par per-
sonne.
Ce temps confisqué est perdu pour tout le monde. Dans un
contexte d'organisation collective souvent rigide, qui lui est défavo-
rable, l'individu plie car il est flexible : on arrive à telle heure, on part à